LE “NOUVEAU TERRORISME” SELON BENYAMIN NETANYAHOU

26 décembre 2015 – Heurts israélo-palestinien de plus en plus fréquent depuis le mois d’octobre.

Le 25 décembre, une Palestinienne a été tuée près de la frontière entre la Cisjordanie occupée et Israël. Des militaires israéliens étaient les premiers visés par cette attaque à la voiture bélier, menant à la mort par balle de la conductrice palestinienne. Quelques jours plus tôt, une autre attaque à la voiture bélier avait eu lieu, visant cette fois un arrêt de bus situé à Jérusalem-est. Résultat : 14 blessés, dont un enfant de 15 mois et une femme de 70 ans. Le jeune homme responsable fut vite « neutralisé » par les forces armées israélienne.

Depuis le 1 octobre, les assauts se cumulent à plus d’une par jour d’après le Washington Post. Au total, le bilan de ces trois mois de heurts s’avère lourd des deux côtés avec approximativement 150 morts, dont 19 israéliens et 131 palestiniens.

« Nous agissons pour combattre cette terreur et je ne doute pas que nous allons l’emporter sur elle », déclare le Premier ministre en réponse à cette soudaine émergence de violence. Une terreur qualifiée de « nouvelle sorte de terrorisme », rapprochant les attaques palestiniennes d’un islamisme radical. D’après Médiapart, ce serait pour Benjamin Netanyahou une manière de justifier l’abandon du processus de paix entre les deux nations.

Les attaques sont en grande partie individuelles et réalisées avec des objets du quotidien : voiture familiale, couteau de cuisine, ou encore éplucheur de pomme de terre. Les assaillants privilégient les lieux fréquentés par des civils (station de bus) ou des soldats (frontières). Le processus appliqué n’est pas le fruit d’un groupe armé, comme le Hamas, mais plutôt d’actions individuelles, ce qui implique une faible organisation, voire inexistante. Des attaques donc spontanées et mal exécutées, s’achevant par la mort de l’assaillant(e) palestinien(ne). On parle alors d’attaque-suicides ou « martyr-mania », prodiguer par des individus aux profils variés.

Certains membres du gouvernement israélien, tels que Gilad Erdan, déterminent les récents évènements comme étant le résultat de motivation personnelle ou politique. « Dans le passé, nous pouvions trouver l’organisation et envoyer des agents afin d’agir avant que cela n’arrive », « Aujourd’hui, ce sont les individus qui prennent leurs propres décisions » déclare le ministre Israélien, Gilad Erdan.

Ces violents mouvements allient désespoir et humiliation quotidienne, d’après Jibril Rajoub, ancien chef de sécurité en Cisjordanie. Des mouvements individuels, difficiles à comprendre autant pour les autorités palestiniennes qu’israéliennes. Les leaders cisjordaniens et gazaouis considèrent ces évènements comme des réactions d’autodéfenses de la part des palestiniens, assimilées à une sensation d’abandon de la part des Occidentaux et États arabes, actuellement préoccupés par la menace terroriste du groupe E.I.

De nombreux innocents ont été entrainés dans les heurts entre assaillants palestiniens et militaires israéliens. La foule se confond dans les affrontements et engendre la mort de civils : Ezra Schwartz, étudiant israélien de 18 ans tué alors qu’il fournissait de la nourriture aux soldats israéliens mais aussi Shadi Arafa, un palestinien de 24 ans, tué par balle alors qu’il rentrait chez lui.

Dans les deux camps, ces réactions populaires, à la fois brusques et continues, suscitent des débats. Connaissant les rébellions précédentes des populations palestiniennes, une troisième intifada est-elle à craindre ?

S.C.


Times of Israel
Le Monde
The Washington Post

Leave a comment

Your email address will not be published.


*